Notre programme : Faire des Lilas une véritable démocratie locale coopérative

Faire des Lilas une véritable démocratie locale coopérative

« Être citoyen, c’est tout à la fois savoir être gouvernant et gouverné. » Aristote

Le constat

Dans un contexte de crise démocratique (taux d’abstention record aux différentes élections, défiance à l’égard des élu·e·s), et d’émergence de nouvelles aspirations citoyennes (Nuit debout, Gilets jaunes, marches pour le climat, mobilisation sociale contre la réforme des retraites et pour la défense des services publics), l’heure n’est plus :

  • aux élus en cravate qui monopolisent la parole dans de longs discours, qui décident entre eux et rendent compte, quand bon leur semble, de ce qu’ils ont entrepris ;
  • au marketing de la démocratie participative qui consiste à demander l’avis des citoyen·ne·s de temps à autre sur des parties mineures des moyens municipaux (budget participatif) ;
  • aux instances informatives ou consultatives qui restent de simples temps d’échange en segmentant la population par catégories (quartier, jeunes, enfants, parents d’élève, sportif·ive·s…) et de ne mobilisent que les habitué·e·s.

Il s’agit aujourd’hui
d’ancrer la commune comme l’échelon de base d’une démocratie réelle, de désacraliser la fonction élective et de permettre aux habitant·e·s de s’impliquer dans la gestion de leur ville de manière permanente.

Les étapes d’une nouvelle citoyenneté lilasienne

Elle demande que chacun·e fasse un pas de côté, que les élu·e·s deviennent avant tout des animateur·rice·s de la citoyenneté et que la population soit pleinement associée à l’élaboration et la mise en œuvre de l’ensemble de la politique municipale.

Première étape : nous lancerons des états généraux de la démocratie.

Nous ouvrirons l’hôtel de ville pour en faire une « maison commune ». Toutes et tous pourront y venir pour trouver des espaces d’information sur les projets en cours, pour déposer des idées, proposer des projets, échanger librement avec d’autres personnes…

Une série de rencontres à la maison commune et dans tous les quartiers permettront de dessiner les contours des aspirations populaires afin de créer une instance de coordination et de suivi de la nouvelle citoyenneté lilasienne : le conseil communal de la démocratie.

La saviez-vous ? Les premiers hôtels de ville furent édifiés au cours du Moyen Âge : ils portent alors le nom de « maison de ville » ou « maison commune ».

Deuxième étape : mise en place du conseil communal de la démocratie.

Composée de citoyen·ne·s tiré·e·s au sort, de membres du conseil municipal, des personnels municipaux, de partenaires institutionnels et d’associations, cette instance sera en charge de travailler sur la mise en place, le fonctionnement et le suivi de la démarche de démocratie permanente. Pour chaque projet, chaque mesure, chaque axe de politique publique (éducation, culture, santé, tranquillité publique…), le conseil communal précisera les modalités (co-construction, codécision, cogestion…) et vérifiera que les différentes phases sont bien respectées.

Nous proposons de suivre quatre phases pour toute décision municipale :

 

Informer L’ensemble des participant·e·s à un épisode démocratique aura le même niveau d’information. Souvent le temps manque pour échanger sur la totalité des données d’un problème ou d’un projet. Nous prendrons le temps et rien ne sera caché.

Débattre Ouvrir des échanges d’idées pouvant être contradictoires ou de différents points de vue (usager·ère/professionnel·le/élu·e) en abordant tous les aspects. Tous les avis doivent être reconnus et accueillis sans jugement.

Coproduire Il s’agit de la phase la plus importante de la démarche puisque l’idée est que chacun·e apporte sa pierre à l’édifice ou à la recherche de solutions. Chacun·e ayant connaissance des contraintes et des arguments contradictoires doit rechercher la convergence et la sortie positive. C’est là que s’élabore le compromis dynamique.

S’engager : dernière étape qui valide tout le processus. Les différentes parties en présence s’engagent réciproquement dans la réalisation de ce qui a été coproduit. Les élu·e·s valident légalement. Les technicien·ne·s appliquent les projets ou solutions. Et surtout les citoyen·ne·s s’engagent à concourir à la réussite des actions en participant à la mise en œuvre de la politique municipale.

Et aussi

  • Formation du personnel communal et des élu·e·s à la démocratie coopérative et aux outils d’éducation populaire qui permettent de l’animer.
  • Mise en place de référendums d’initiative citoyenne locaux (RICL) sur des projets structurants
  • Ouverture aux jeunes de plus de 16 ans et aux étranger·ère·s résidant sur le territoire communal de toutes les démarches coopératives.
  • Ouverture à la population d’un temps de questions lors de chaque Conseil municipal et organisation de conseils municipaux dans les différents quartiers de la ville.
  • Une plus grande accessibilité des données: mise en ligne de comptes-rendus exhaustifs des conseils municipaux (en plus de leur diffusion vidéo en accès libre) et des dossiers de préparation, développement des ressources accessibles (open data) et recherche d’accessibilité de toutes les communications institutionnelles (langage facile à lire et à comprendre, sous-titrage, langue des signes, version audio).
  • Une communication municipale inclusive et représentant la société dans sa diversité (*Lutte contre toutes les formes de discrimination) et ouverte à l’opposition, aux collectifs, aux associations.
  • Accompagnement des collectifs citoyens: développement des panneaux d’expression libre, prêt de salle, etc.
  • Des élu·e·s qui rendent des comptes: compte-rendu annuel de mandat, publication des agendas, aucun cumul de mandat exécutif, signature de la Charte Anticor, sobriété de moyens.
  • Mise en place du référendum révocatoire pour les élu·e·s qui n’appliqueraient pas le programme sur lequel elles et ils ont été élu·e·s (au plus tôt à mi-mandat et sur la base d’une pétition réunissant au moins 5 % du corps électoral élargi aux mineur·e·s de plus de 16 ans et aux étranger·ère·s vivant sur le territoire)
  • Présence accrue des élu·e·s dans les différents quartiers de la ville avec, entre autres, l’organisation d’un conseil municipal sur deux ailleurs que dans le bâtiment principal de la mairie.
  • Un hôtel de ville, devenu maison commune, repensé pour en faire un lieu de vie et de citoyenneté : un hall d’accueil accueillant et habité, accès aux documents, guichet unique, postes informatiques, présence de personnels municipaux,… Une étude pourra être conduite pour envisager l’installation des bureaux des élu·e·s dans les quartiers.

 

Au niveau d’Est Ensemble

L’intercommunalité telle qu’elle est aujourd’hui conçue est un facteur d’éloignement entre électeur·rice·s et élu·e·s ainsi qu’une véritable machine de guerre contre les expérimentations locales (pourtant inscrites dans la Constitution depuis 2003). Dès lors, le Printemps lilasien s’engage à refuser tout nouveau transfert de compétences.