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Conseils municipaux

Retour sur le conseil municipal du 3 février 2021

Le Maire introduit la séance par le désormais rituel point sanitaire, centré sur les vaccins.

Malgré sa demande, la Ville n’a pas obtenu d’être centre de vaccination. Les centres de Romainville et à Bagnolet qui ont, elles, été choisies devaient ouvrir le 1er février, ouvertures reportées pour cause de pénurie de vaccins. Les Lilasiennes et Lilasiens sont dirigé·es vers le centre de Pantin mais les places sont rares et beaucoup ne parviennent pas à obtenir de rendez-vous.

La mairie a conçu une affiche à destination des habitantes et habitants pour constater l’inégalité territoriale d’accès aux vaccins (0.9% de la population en Seine-Saint-Denis, soit 2 fois moins qu’à Paris). Il est probable que chacun s’en soit rendu compte par lui-même et on peut souhaiter que la municipalité prenne l’Etat à parti sur une inégalité qu’on ne découvre pas, mais qui continue d’affecter la vie des Lilasiennes et Lilasiens.

À la suite de ce préambule, débute l’examen des points à l’ordre du jour, parmi lesquels :

1. La présentation du rapport 2020 de la situation en matière d’égalité femmes-hommes

Le contenu de ce rapport est dense, instructif et précis.

Le projet de festival de films féministe Gisèle Halimi avance et nous nous en réjouissons.

Il y a de quoi être plus critique sur la question des logements à destination des femmes victimes de violences domestiques. La Ville n’a pas de logement d’urgence et ne semble pas planifier d’en acquérir rapidement. C’est pourtant une nécessité pour qui souhaite protéger les victimes de violences. Pour autant, nous reconnaissons la qualité du réseau de signalement et de prise en charge des victimes, notamment en coordination avec le CCAS, le CDAS et l’intervenante sociale du commissariat de police des Lilas, qui accompagne les victimes dès le dépôt de mains courantes et forme les agents à leur prise en charge.

Un des objectifs 2021 posés par la municipalité dans ce rapport consiste en la prise en compte des questions d’égalités sur les aménagements publics. Nous demandons des précisions. On nous parle du projet de réfection de la cour de l’école Paul Langevin afin de tenir compte de ces problématiques.

Et, puisqu’il est question d’aménagement de l’espace public et d’urbanisme, nous faisons une légère incise car un visuel du futur carrefour rue des Bruyères-rue de Paris a été diffusé par la municipalité. Ô surprise, les travaux d’un montant de 350 000 euros ne prévoient pas de piste cyclable ! Après un an d’épidémie, alors que la pratique du vélo est en augmentation constante et que la cyclabilité de la ville est lamentable (note F au baromètre des villes cyclables), nous nous fâchons un peu : rien n’est fait sur ce sujet, la circulation est dangereuse et nous alertons systématiquement sur ce point. M. Le Maire nous répond que non, que des arceaux vélo ont été posés… et parle de pistes futures pour plus tard… comme d’habitude.

2. Rapport et débat d’orientation budgétaire 2021

Arrive le gros sujet de cette séance : le débat réalisé sur la base du rapport d’orientation budgétaire. Ce rapport est un document obligatoire qui doit contenir un certain nombre d’informations, notamment les évolutions prévisionnelles des dépenses et des recettes, aussi bien en fonctionnement (personnel, fiscalité, concours financiers,…) qu’en investissement (engagements pluriannuels).

M. Douxami (EELV) le présente au conseil de manière fidèle, claire et synthétique.

Nous précisons, avant toute chose, que nous sommes conscients des contraintes budgétaires dans lesquelles se trouvent l’ensemble des communes de France. Rappelons qu’elles sont largement dues à la baisse de 25 % de la dotation de l’État sous le mandat de François Hollande et à la limitation des dépenses imposée par Emmanuel Macron.

Mais nous faisons fait part de notre étonnement devant :

– l’absence de mise en perspective, de vision politique
Rien dans le document… mais, surtout, rien dans le discours de la majorité qui aurait pu l’éclairer : le Maire n’a pas participé à la présentation du document et nous ne recevons aucune explication sur les choix réalisés (celui de ne pas recourir à l’emprunt notamment), aucune précision sur les ambitions et priorités pour les années à venir, aucune mention d’une quelconque planification des dépenses. Dès lors, de quoi pouvions-nous débattre ? Des seules données comptables ? Une municipalité n’a pas seulement la mission de « bien gérer » une ville. Elle doit aussi la penser dans sa globalité et dans la durée sur la base d’une vision politique.

– l’absence d’ambition nouvelle et de prise en compte du contexte actuel
Les grandes lignes budgétaires sont dans la parfaite continuité de celles années passées. Mais quoi ? Le contexte n’a-t-il pas considérablement changé ces derniers mois ? La crise économique et sociale liée à l’épidémie actuelle n’invite-t-elle pas, au-delà d’une réaction dans l’urgence à certains impératifs, à reconsidérer certaines choses dans la durée ? Comment est-il possible de faire comme avant, de ne pas impulser de grands changements ?

– l’absence de mention relative à la crise écologique
Quelques projets relevant des questions écologiques sont certes évoqués dans les toutes dernières pages du rapport. Mais on est loin du compte pour ce qui est de donner une place centrale à l’écologie dans les perspectives budgétaires et donc politiques de la commune. C’est pourtant là un engagement de la municipalité avec l’adoption du vœu sur l’état d’urgence écologique.

Gageons que nos remarques et questions trouveront des réponses lors de l’examen du budget fin mars.

3. Etat des indemnités des élu·es siégeant au conseil municipal

à l’occasion de cette délibération (destinée à prendre acte des indemnités versées), nous rappelons que les conseillères et conseillers sans délégation (une conseillère de la majorité et l’ensemble des élu·es d’opposition, à savoir ceux de Lilascité et du Printemps Lilasien) ne bénéficient d’aucune indemnité, contrairement à ce qui est pratiqué à Romainville, Noisy-le-Sec, Pantin… ou encore à Paris.

Le Maire répond qu’il ne ferme pas la porte à cette éventualité. M. Primault (EELV) prend la parole : depuis le vote du conseil municipal fixant les indemnités cet été, il a réfléchi à la question et estime que tous les élu·es devraient percevoir des indemnités.

Cela répond à une bataille que nous portons depuis le début : reconnaître, via les indemnités entre autres, l’importance et la valeur du travail de l’opposition.

Reste à voir si cela débouchera sur une décision concrète.

4. Convention partenariale multi-communale relative à la mise en œuvre de la prévention des affrontements entre groupes de jeunes des villes des lilas, du Pré Saint-Gervais et de Romainville

Cette convention traduit en grande partie les propositions que nous avions inscrites dans notre programme. Nous saluons l’initiative et la démarche volontariste des trois municipalités. Nous serons très vigilants à la fois sur sa mise en oeuvre et sur ses résultats.