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Retour sur le conseil municipal du 31 mars 2021

Ce conseil sest tenu en visioconférence et nous tenons à remercier la municipalité d’avoir accédé à cette demande qui était nôtre. Nous saluons le travail des services qui ont rendu possible la tenue de cette séance à distance dans dexcellentes conditions.

Nous avions déposé une question orale relative à la gestion du covid à l’échelle municipale.

Une question orale est l’un des trois moyens formels dont disposent les élus pour solliciter un débat lors du conseil municipal (les autres étant le dépôt d’un vœu ou d’une délibération). Il est à noter que cette question rédigée est envoyée en amont au Maire qui ne découvre ainsi pas son contenu lors du conseil municipal et prépare sa réponse en amont également.

Nous avons ainsi interpellé la majorité sur sa politique sanitaire en lui demandant, compte tenu de la gravité de la situation, d’aller plus loin qu’elle ne le fait déjà sur les trois axes suivants :
1) Dénonciation des carences de lEtat en interpellant celui-ci via les médias et en demandant une politique vaccinale spécifique pour la Seine-Saint-Denis.
2) Protection de la population avec l’achat de capteurs CO² et purificateurs d’air pour les salles de classes et cantines de la ville.
3) Information et formation scientifique des Lilasien·nes en créant un encart scientifique mensuel dans Infos Lilas.

L’équipe de la majorité a bien entendu ces demandes que nous avons  formulées plusieurs fois à l’occasion des réunions « covid » auxquelles nous assistons tous les 15 jours.

Depuis le conseil municipal, de nombreuses personnalités politiques locales se sont exprimées dans la presse sur le premier point. Des capteurs ont été achetés par la municipalité. Nous continuons de travailler sur le troisième point pour essayer de convaincre la majorité de le mettre en place.

Précisons que l’opposition LREM s’est montrée très hostile à la première et la troisième de ces propositions.

Le Maire nous a aussi informé du lancement dune pétition contre la fermeture du point daccueil de la CPAM aux Lilas. Nous saluons cette initiative et avons bien sûr signé ladite pétition.

À la suite de ces points de préambule, a débuté lexamen des points à l’ordre du jour parmi lesquels  :

1. Le budget 2021 : un budget dans la continuité des précédents malgré les urgences de l’époque

Nous essayons de vous résumer ici les grands axes de ce budget, lanalyse que nous en avons faite et nos prises de positions avant le vote.

  • En matière dinvestissements,

les dépenses correspondent, pour lessentiel, à la préparation de chantiers qui seront menés dans les années à venir, à savoir notamment l’aménagement des abords du parc Lucie Aubrac et la réhabilitation du Gymnase Liberté. À cela sajoutent des dépenses « courantes » (travaux de voirie, remplacement de chaudières, réfection de toilettes ou de réfectoire dans les gymnases et écoles) ainsi que lachèvement des travaux du dispositif de vidéosurveillance.

L’absence de recours à l’emprunt cette année s’explique de deux manières : la Ville dispose dimportantes réserves (notamment liées à une vente de terrain) et 2021 reste une année préparatoire (études, consultations, aménagements préalables, etc) à la réalisation de plus gros chantiers. Nous pressons régulièrement la majorité d’avancer plus vite sur certains sujets (la cyclabilité de la ville et la mise en place dune cantine municipale notamment) mais nous ne nions pas la nécessité de préparer les choses et ne contestons pas l’absence de recours à l’emprunt à ce stade.

Pour autant, nous estimons quil naurait vraiment pas été superflu de réaliser des investissements supplémentaires dès 2021. Ainsi, entre autres exemples, la majorité prévoit la végétalisation de deux espaces (rue des Bruyères et place du Vel’ d’Hiv) : très bienmais il faut être beaucoup plus volontariste sur la débitumisation de la ville ! Le réchauffement climatique nattend pas !

Lors du conseil municipal, nous avons par ailleurs demandé  :
– que les habitant·es soient associé·es (et non vaguement consulté·es) aux différents chantiers (en amont et pendant leur réalisation) ;
– que les élu·es et les habitant·es disposent dune visibilité sur les aménagements de la ville dans son ensemble et sur la durée du mandat (quelles priorités en matière de voirie ? quelles zones de végétalisation ? quelle planification sur la mandat ?). Nous avons ainsi suggéré la réalisation dun plan pluriannuel dinvestissement : cest un document qui nest pas obligatoire mais qui permet davoir une vision sur la durée. Cette demande illustre notre inquiétude sur l’existence d’une véritable feuille de route de la majorité sur la durée du mandat.

  • En matière de fonctionnement,

les dépenses sinscrivent dans la continuité des années précédentes avec, sur de nombreuses lignes, une parfaite stagnation (ce qui, rappelons-le, revient à une légère baisse au vu de linflation).

De notre point de vue, cela nest pas raisonnable ! Le contexte a changé ces derniers années et ces derniers mois. On ne peut plus faire les choses à l’identique. Il y a la crise sanitaire actuelle et la crise sociale quelle engendre : la stagnation du budget du CCAS, par exemple, est difficile à entendre. Il y a aussi lurgence écologique : il faut financer plus et mieux les espaces verts, développer les actions inscrivant la ville dans une démarche de sobriété, mettre en place une politique en faveur des animaux, doter la ville dune comptabilité écologique qui soit à la fois précise et complète, etc. De la même manière, la démocratie collaborative qui n’a rien à voir avec une rapide consultation des habitants via un questionnaire ou quelques réunions- coûte du temps et de largent mais elle est impérative. Le taux dabstention aux élections municipales doit rester à l’esprit de tou·tes les élu·es comme une alerte permanente.

En résumé, nous pensons quil aurait été utile daugmenter sensiblement certaines lignes budgétaires, quitte à réaliser des redéploiements. À ce sujet, nous avons une idée… : redéployer le budget de fonctionnement des caméras de surveillance dont le montant ne nous a pas été communiqué à ce jour.

Nous nous sommes abstenu·es sur l’ensemble des subventions aux associations. N’ayant accès qu’à la distribution financière finale accordée par la municipalité et non aux demandes faites par les différents acteurs, il nous a semblé préférable d’attendre la communication de ces informations pour émettre un avis politique éclairé sur les subventions. Nous avons, au passage, rappelé la nécessité de ne pas céder à la tentation de délester sur des associations -aussi sérieuses et utiles soient-elles- des missions relevant, selon nous, du service public.

Nous avons voté contre ce budget qui, malgré des intentions louables pour lavenir, reste un budget gestionnaire sans ambition et ne nous semble pas à la hauteur des urgences de l’époque.

2. Evaluer le budget à l’aune de ses effets sur le climat : une bonne chose mais quil faut bien faire.

La municipalité souhaite mettre en place une évaluation climat du budget de la Ville. Nous ne sommes pas contre, loin de là : nous avons écrit, dans notre vœu sur l’état d’urgence écologique déposé en septembre, la nécessité d’« intégrer l’urgence écologique dans toutes les politiques publiques, toutes les dépenses budgétaires devant être examinées à l’aune de la question écologique ».

En revanche, la méthode compte. Il en existe beaucoup. Et celle qui a été choisie (I4CE) ressemble un peu au « budget vert de l’État» mis en place très récemment par Macron. C’est une méthode très imprécise, dans laquelle les aspects sociaux sont complètement absents, qui ne valorise pas les actions de sobriété et qui aboutit au classement de la plupart des dépenses dans la catégorie « neutre ». En somme, sans procès d’intention vis-à-vis de la majorité, nous pensons que la méthode choisie est parfaitement compatible avec du « greenwashing ».

Bien sûr, c’est… mieux que rien ! C’est pourquoi nous avons voté favorablement, tout en exprimant les importantes réserves énoncées ci-dessus.

3. La zone à faible émission (ZFE) : une mesure à l’inverse de l’écologie populaire.

La ZFE est une mesure qui interdit la circulation en journée des véhicules diesel datant d’avant 2001 et ceux à essence d’avant 1997. Or, les aides d’État pour l’achat d’un nouveau véhicule sont très insuffisantes à ce jour.

Qui donc est pénalisé par cette mesure ? Celles et ceux qui n’ont pas les moyens de changer de voiture et qui habitent loin de leur lieu de travail. Bref, les plus pauvres.

A côté de ça, la ZFE autorise à rouler les grosses voitures, certes neuves mais consommant énormément de carburant. De même, elle prévoit une dérogation les véhicules de collection de plus de 30 ans. Enfin, il est de notoriété publique que plusieurs constructeurs automobiles falsifient les chiffres de rejet de Co² et de particules fines de leurs modèles neufs.

Nous nous sommes prononcé·es contre la délibération : l’écologie populaire que nous défendons ne permet pas des mesures écologiques qui vont à l’encontre de la justice sociale.

4. Des demandes de retrait de délibération par le Préfet : aucune raison de s’exécuter.

Lors dun conseil municipal, un.e élu.e ou groupe d’élu.es peut proposer au conseil dadopter un vœu, à savoir une prise de position sur une question dépassant le cadre des affaires exclusivement communales, dès lors qu’un intérêt local est caractérisé. C’est assez symbolique car le vœu n’est autre quun souhait exprimé par le conseil municipal. Mais parfois, les symboles ont leur importance.

Le Préfet de Seine-Saint-Denis a, ces derniers mois, demandé le retrait de deux délibérations correspondant à deux vœux, à savoir la déclaration d’état d’urgence écologique déposée par le Printemps Lilasien et le moratoire sur la 5G déposé par EELV. La raison invoquée par le Préfet : l’intérêt local ne serait pas démontré.

Nous avons affirmé notre désaccord avec cette analyse (il est évident que la ville des Lilas est, comme toute autre commune française, concernée par ces deux sujets) et émis le souhait que la majorité ne se plie pas à cette demande du Préfet.

Rien ne ly oblige en effet. Car, contrairement à ce que croient les élu·es de Lilas Cité et certains de leurs proches (qui parlent « d’appel à la désobéisance civile » pour évoquer notre position), le Préfet ne donne pas dordre aux collectivité: cest le principe de libre administration des collectivités territoriales qui date des premières lois de décentralisation dans les années 1980. Il est bien sûr possible d’avoir des divergences d’interprétation. Cela se règle alors devant le juge administratif. Cest respecter l’état de droit que dutiliser les voies de droit qui existent.

La majorité a choisi, pour lun et lautre de ces deux vœux, de les retirer et den déposer de nouveaux en espérant que le Préfet les accepte sous cette nouvelle forme. Les deux sujets nous tenant à cœur nous avons, bien sûr, voté en faveur des nouveaux vœux.

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