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Retour sur le conseil municipal du 19 mai 2021

Ce conseil, faute de se tenir en terrasse le jour de leur réouverture, a réuni les élu·es au gymnase Rabeyrolles.

Une longue introduction du Maire a rappelé l’action municipale récente. Parmi les points soulevés, le retour sur la consultation concernant la cyclabilité de la ville qui a nécessité une intervention de notre part.

En effet, la ville est déjà très en retard en matière d’équipements cyclables. Elle avait été notée « F » au baromètre des villes cyclables établi début 2020, sachant que la pire note est « G » et qu’aucun aménagement n’a été effectué depuis. Malgré cette situation peu enviable et le dynamisme des villes voisines sur le sujet (Paris en tête, mais aussi Bobigny, Pantin…), la majorité municipale semble envisager de se concentrer sur la sécurisation (partielle) d’axes transverses (rue de Paris et boulevard Faidherbe), comme annoncé dans le programme de la liste de premier tour de M. Benharous. Cependant, l’expérience des pays dont la population pratique beaucoup le vélo suggère la sécurisation de tout le territoire de la ville (les grands axes par des voies séparées, les petites rues par un apaisement du trafic) et met en garde contre les aménagements en demi-teinte, peu efficaces. Nous avons rappelé ce point et appelé à un aménagement rapide de l’ensemble de la ville.

Puis, après la désignation d’un secrétaire de séance et le vote du PV du conseil du 31 mars, nous avons procédé au débat et au vote des points soumis à l’ordre du jour parmi lesquels :

1. Vote du compte administratif 2020 de la ville

Nous avons remercié les services pour les informations financières très détaillées qui nous ont été transmises mais avons aussi fait remarquer que, comme pour le débat d’orientations budgétaires et le vote du budget (cf. retour sur le CM du 31/03/21), la majorité municipale n’apporte aucun éclairage politique à ces données chiffrées. C’est là, de notre point de vue, le signe d’une méthode purement gestionnaire pour piloter les affaires de la ville.

Nous avons suggéré que la municipalité se dote d’une présentation analytique des comptes : il s’agit d’un traitement des chiffres qui permet une approche stratégique et non pas uniquement comptable des données financières. Cela nécessite du personnel bien sûr mais est indispensable à la fois pour le pilotage budgétaire de la majorité et pour la transparence et le débat politique.

Nous avons voté contre la délibération relative au compte administratif de la ville en avançant l’une des raisons de ce vote : le coût exorbitant de la vidéosurveillance installée en 2020 : 1,5 M€ d’investissements en 2020 auxquels s’ajoutent le montant des dernières installations réalisées début 2021 ainsi que le coût annuel en fonctionnement dont nous avons demandé une estimation, sans réponse à ce jour.

2. Vote sur des lancements de marchés public liés au parc de véhicules municipaux

Ce vote portait sur l’acquisition future de véhicules de nettoyage urbain et de cartes d’achat de carburant. Nous en avons profité pour rappeler que les délibérations de ce type devraient être autant d’opportunités de repenser notre rapport à l’urbanisme et à l’environnement.

3. Subvention à la crèche Ribambelle

Nous nous sommes abstenu·es sur ce vote. Une place en crèche est le sésame que trop de parents se voient refuser au vu de la pénurie locale. Nous ne pouvons que saluer l’esprit collectif de ces parents qui s’associent pour fournir une structure de garde collective pour leurs enfants. Cependant, nous ne pouvons approuver qu’une crèche privée (même associative) reçoive les mêmes subventions qu’une crèche publique sans en avoir les obligations, notamment sur le choix des enfants qui y seront gardés.

4. Tarif des séjours d’été 2021

Nous avons voté contre la fixation de la participation des familles pour les séjours d’été 2021. Nous prenons acte des annonces de la majorité sur une refonte du quotient familial pour septembre 2021 – refonte demandée de longue date et qui aurait dû être réalisée il y a longtemps par une équipe en place depuis 20 ans ! -, mais nous estimons que les tarifs sont trop élevés pour des familles modestes, surtout au regard de ce que déboursent les ménages plus aisés.

5. Aménagement de l’avenue Faidherbe

Ces travaux de voirie n’incluent pas d’aménagement cyclable ! Nous avons donc voté contre.

6. La zone à faible émission (ZFE) de Romainville

Nous nous sommes prononcé·es contre cette proposition, pour les mêmes motifs que lors de notre précédent vote concernant la ZFE du Grand Paris lors du conseil municipal du 31 mars 2021 dont le résumé se trouve également ici.

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Retour sur le conseil municipal du 16 décembre 2020

Le Printemps lilasien a posé de nombreuses questions et est intervenu notamment sur les points suivants :

  1. La vidéosurveillance

Nous avons rappelé notre profond désaccord sur le déploiement de plus d’une centaine de caméras de surveillance aux Lilas. En effet, c’est une mesure à la fois :

– très peu utile (très faible taux d’enquêtes élucidées grâce à ces caméras, phénomène de déplacement de la délinquance, etc. ; nous vous invitons à écouter ici une interview de Laurent Mucchielli sur ce sujet) ;

– très budgétivore (en investissement et en fonctionnement, même si le montant de ce denier n’est pas encore connu) ;

– et disproportionnée (plus d’une centaine de caméras ce qui, rapporté au nombre d’habitants, fait de notre ville l’une des plus équipées de France !).

Nous avons également réaffirmé que nous ne prenons pas le sujet à la légère, que nous l’abordons dans sa globalité (de la prévention à la répression) et que, loin d’être rendue possible par la technologie, la sûreté de toutes et tous passe par l’humain, les liens et l’égalité sociale.

Nous avons donc voté contre une charte d’éthique qui fait l’apologie de la vidéosurveillance. Nous avons également voté contre la mise en place d’un comité d’éthique qui, au vu de sa composition, de la faible fréquence de ses réunions et d’un travail essentiellement fondé sur des statistiques, risque de n’être qu’une simple chambre de validation annuelle de la présence de caméras dans toute la ville.

  1. Les marchés communaux

Le conseil municipal a été invité à prendre acte du bilan annuel fourni par l’entreprise en charge de la gestion des marchés des Lilas en délégation de service public.

En commission préparatoire, nous avions interrogé les élu·es sur l’éventualité d’une re-municipalisation du marché.

Nous avons rappelé, lors du conseil, que les prix qui y sont pratiqués sont plus élevés que dans les marchés des villes voisines, ce qui éloigne une partie de la population déjà bien assez mise à l’écart. Par ailleurs, dans une logique de réappropriation de la politique commerciale, nous avons suggéré à la majorité d’étudier la possibilité que certain·es marchand·es puissent se voir proposer des possibilités d’installation en boutique en ville.

  1. L’égalité femmes-hommes

Nous avons voté pour le plan d’égalité professionnelle à destination des employés municipaux et proposé par Madame Da Silva. Nous nous réjouissons que l’équipe municipale s’engage sur ce sujet. Nous avons cependant fait observer l’absence d’exemplarité de l’équipe majoritaire qui, pour le quatrième mandat consécutif, est dirigée par un binôme (Maire et premier Maire-adjoint) entièrement masculin et dont la représentation à Est-Ensemble est également très masculine (3 hommes pour 4 sièges).

  1. La restauration scolaire

Nous avons insisté pour connaître la stratégie de la majorité sur la création d’une cantine municipale de proximité qui en a fait l’une de ses promesses de campagne au second tour.

De notre point de vue, il s’agit d’une priorité. Et c’est certes complexe mais parfaitement faisable.

Nous ne doutons pas de l’implication de l’élue en charge de ce sujet, Madame Giffard, mais ne sommes pas convaincu·es à ce stade que la volonté politique soit parfaitement partagée par l’ensemble de majorité.

Pour plus de détails sur l’impact sanitaire, écologique et social de la restauration collective industrielle, vous pouvez lire notre fiche programmatique. Vous pouvez aussi voir le numéro d’Envoyé spécial dédié à ce sujet.

  1. Les pistes cyclables

Nous avons voté pour la mise en place d’ateliers vélo (réparation et développement de la pratique) par l’association La Sardine bleue.

Nous avons rappelé à une municipalité qui verse facilement dans l’autosatisfaction à propos de la « cyclabilité des Lilas » le très mauvais état et la dangerosité des voies cyclables de la ville, comme le prouve la note catastrophique de la ville au baromètre des villes cyclables (ici). L’adjoint en charge du dossier, Monsieur Paquis, a reconnu des faiblesses et nous a exhorté à la patience.

  1. Le retrait du vœu d’état d’urgence écologique

Le Préfet a demandé le retrait de ce vœu, présenté par le Printemps lilasien et adopté à la quasi-unanimité (vous pouvez le lire ici). Pourquoi ? L’intérêt local ne serait pas caractérisé (en d’autres termes, il ne concernerait pas directement notre ville). Ah oui ? Pourtant,

– il est évident que la ville des Lilas est, comme toute autre, parfaitement concernée par les questions écologiques ;

– il y est fait mention, dans ce texte, de « l’impact local de la crise écologique (…) sur la région parisienne » et la nécessité de « préparer la ville aux changements à venir (…) » ;

– l’objet du voeu, décliné sur une page entière, est un engagement de la commune à prendre des mesures concrètes et relevant de ses compétences.

Ajoutons que des vœux identiques dans leur rédaction ont été adoptés çà et là et qu’aucun d’entre eux n’a fait l’objet d’une telle critique.

Nous l’avons dit clairement : rien ne justifiait une demande de retrait. Et rien n’obligeait la majorité à obtempérer (sauf à avoir pour priorité de ne pas fâcher le Préfet).

Nous avons voté en faveur du nouveau vœu présenté par la majorité.

  1. Le nouveau règlement intérieur du conseil municipal

Nous y avons travaillé et avons voté pour ce nouveau règlement intérieur qui constitue une amélioration notable par rapport au précédent qui était non seulement assez pauvre mais aussi à la limite de la légalité sur certains points.

En revanche, nous avons exprimé notre mécontentement devant le refus de certaines de nos propositions qui avaient pour point commun d’aller toutes dans le sens de plus de transparence et de démocratie. Vous pouvez lire ici notre tribune sur le sujet.